Guadeloupe 2020

11 & 12 février :

Après un vol de 9h qu’on a trouvé long et fatiguant (il y avait les vols qui passaient plus vite que d’autres sans qu’on puisse bien expliquer pourquoi), nous débarquons en Guadeloupe, dont plusieurs de nos amis nous ont vanté la beauté et le plaisir d’y vivre. Nous nous trouvons vite au diapason question décor : c’est très ressemblant à la Guyane que nous connaissons bien, du vert à perte de vue et des habitats créoles, colorés ou décatis, et des échoppes un peu partout.

Pour un premier jour, nous nous contentons de prendre possession de la villa, qui est à la hauteur de nos attentes, et de faire quelques emplettes. La nuit tombe à l’heure de l’apéro et nous filons vite au lit.

Jour 2 : réveil à 5h pour les parents, ce qui est déjà une grasse mat’ à l’heure métropolitaine. On profite du jour qui se lève au bord de la piscine et du chant du coq. A 7h, les marteaux piqueurs des voisins prennent le relais et là, malgré notre bonne volonté à voir les choses du bon côté, on s’exaspère assez rapidement d’autant que c’était notre heure habituelle pour traiter nos mails pro …

Dûment prévenu, le propriétaire a résolu le problème en gérant les horaires avec le chef de chantier et nous en bonne intelligence. La journée est consacrée à découvrir le coin direct : Sainte Anne, ses plages d’eau translucide, un repas de midi à coup de bokit (sandwich local, frit) et le soir : la Pointe des châteaux à l’heure du coucher du soleil.  Très venté, très beau. Et l’océan à perte de vue et à presque 360°.

Et pour le plaisir dans l’après-midi : une petite expédition à l’aéroport à Pointe à Pitre pour voir si, par hasard, Air Caraïbes n’aurait pas remis la main sur le passeport de Romain. Et ben si ! C’est bien la première fois que ça nous arrive, mais Romain l’avait oublié dans l’avion !!!!

13 février :

Pour nous la Guadeloupe, c’était découvertes sauvages, cascades, belles plages … et rando au volcan. On avait prévenu les ados que ce serait la rando imposée : monter à la soufrière. Départ 6h. L’idée c’était le Puy de Dôme version DOM TOM donc avec pluie tropicale à prévoir. Mazette !!! C’était très très sportif. On était accompagnés d’Aurélie, notre guide. Sans, on ne peut pas accéder aux fumeroles et franchement, on a préféré avec une guide tant pour les explications que pour pallier le risque de se perdre ou de se retrouver coincés par la nuit qui tombe très tôt (18h). Deux chemins possibles : contourner le volcan par le chemin des Dames, tracé « paisible » (dénivelé plus lent – par lequel on sait qu’on redescendra)  et l’ascension plus directe par la Trace des Géologues, pour les sportifs, qui permet de voir des failles et des fumeroles qu’on ne voit pas par l’autre côté et qui est interdite sans guide. Evidemment, on opte pour cette trace sportive. On a été servis ! Un vent qui (dixit la guide) « envoie du steack » ! Ca soufflait si fort qu’il fallait régulièrement s’accroupir pour avancer. Au sommet, masques à gaz (obligatoires depuis le 1er janvier 2019) pour admirer les fumeroles, impressionnantes. Une fois là-haut, on sait que la Nature est plus forte que l’Humain. C’est fabuleux de beauté. Les conditions photos ne sont pas là : brume, pluie même si on a été très épargnés, vent terrible. On a fait ce qu’on a pu, mais les souvenirs seront beaucoup dans notre tête. Pour redescendre, on entame le chemin dit paisible … terme qui n’aura de cesse de faire glousser nos 4 ados. Rien de paisible du tout !!! C’était presque aussi sportif que la montée et pour illustrer leur point de vue, on croisait les militaires en rangers … A l’heure où je vous écris ce lendemain matin, seuls Romain et moi pouvons compter nos courbatures et la vie est injuste, je suis la seule à en avoir !

14 février :

Journée dolce farniente, courses et plage. La plage, on y est arrivés à l’heure d’une averse tropicale … on a donc attendu sagement que ça passe … Nous avions jeté notre dévolu sur la plage du bois jolan : un paradis terrestre. L’eau est chaude, palmiers, sable blanc. Bref, voyez par vous même !

Le soir, prévision resto mode on suit les conseils du Guide du Routard. Donc on cherche Tatie Chlotilde … on trouve … mais c’est fermé le soir ! C’est cocasse, parce que la veille on avait cherché partout « chez Lisa » pour manger des bokits (les sandwiches frits) dont on venait de découvrir qu’il s’agissait d’un camion de bord de plage, qui n’est là que le soir. On se rabat donc sur « chez Emy », mais on nous annonce avec nonchalance que sans réservation, pas de repas ! Bon … ben … Douceurs kreyol, là, ça a l’air local et authentique. On a eu raison. Clara s’est retrouvée avec une entrecôtes de 600 grs au moins (les mecs l’ont aidée), et on a gouté aux plats dispo : du poisson chat, du colombo de poulet, de la morue à l’oignon. On s’est régalés et bien amusés.

15 février :

Retour sur Basse Terre. Accompagnés d’Hippolyte, un guide local qui doit faire tomber les filles, nous filons en 4×4 Land Rover vers des lieux sauvages comme peut l’être la Guadeloupe. Nous avons craqué pour cette journée accompagnée parce que le 4×4 nous est consacré, et le guide aussi. Nous ne sommes donc encombrés d’aucun autre humain et évidemment, ça, ça nous va bien. Nous partons donc à la découverte d’une bananeraie et des modes de culture et d’une plantation de cannes à sucre (qui sert donc à faire le rhum et le sirop). Malgré les courbatures générales : rando vers le bassin Paradis qui mérite son blaze (comme disent les ados) après une descente au gré des racines formant un escalier naturel et des belles flaques, et baignade auprès de la cascade, sauts à partir des rochers. Le rêve. Puis nouvelle rando vers une source d’eau chaude … des montées, des descentes, la Nature à perte de vue dans la forêt tropicale. On se sent bien ici.  A midi, déjeuner copieux dans un boui-boui local où nous dévorons un gratin de banane et du poulet au lait de coco caramélisé, avec des frites de fruit à pain. On se régale. Mais comme on est des bons marcheurs, et qu’Hippolyte a encore faim malgré le repas, il ajoute à la visite une kassaverie, où nous goutons aux galettes de farine de manioc agrémenté de coco, de banane ou de jambon, au choix. C’est … bon, mais ici. Pour ceux qui suivent nos pérégrinations, c’est un peu comme le couac : sur place on trouve ça fantastique, mais ça n’a aucun intérêt, en vrai J. On ajoute la visite de l’usine Longueteau, et on rentre. Dis comme ça, ça fait journée marathon, mais ce n’était pas du tout le cas. On a profité de chaque instant sans jamais se presser, même si on aurait sûrement pu rester 3 jours entiers au bassin Paradis.

16 février

Après une matinée pluvieuse courses diverses, études et travail, plage avec les locaux un dimanche après midi ensoleillé. Très ensoleillé.

La Plage est immense. Le sable blanc. L’eau lagon. Et le lieu animé. Très animé. Les ados hurlent par grappe en jouant à on ne sait quoi, avec un ballon fait maison. Les familles sont installées avec glacière et/ou barnums et ont mis la musique à fond (un petit air de marmousets en mai pour ceux qui connaissent). Chacun sa musique, sans se préoccuper du voisin, et de préférence zouk bien sûr. Ajoutez à ça le camion vendeur de glaces et sa sonnerie à trois notes (stridentes). C’est contre toute attente agréablement cacophonique. Chez nous on trouverait ça insupportable. Ici c’est évidemment fantastique. Un brouhaha permanent dans les lieux les plus sublimes …

Les voitures sont garées sans se préoccuper du départ des autres. Les premiers arrivés sont garés devant. Les autres derrière. Si tu veux sortir, ben … faut attendre. A la nuit tout le monde s’en va …

Pause glacier aux parfums locaux et divins.

Et photo des vaches sur le bord de la route, attachées là avec leur piquet. Les clôtures coutent cher, donc il y en a peu, et tout de monde n’a pas de terrain. Donc les gens s’arrangent entre eux, et installent leur vache. Matin et soir, elle fait ses réserves d’eau. Discutable mais apparemment, les vaches vont bien.

17 février

Visite de Grande Terre, qui est en fait la plus petite des deux iles. Nous partons de la villa sous un temps très gris, voire pluvieux mais nous sommes optimistes, à raison. C’est vrai que même sous la pluie, il fait chaud. Mais le rêve guadeloupéen est plutôt ensoleillé …

Achat d’épices pour continuer nos activités cuisine une fois en métropole.

Puis directement le nord, en passant par Saint François, le Moule puis Morne à l’eau où nous nous arrêtons finalement au cimetière. Tout le monde trouvait l’idée de la visite un peu étrange de ma part, alors nous avions laissé tomber. Mais notre périple nous a fait passer devant et … on s’est arrêtés. Ce cimetière est plein de beauté. Les tombes sont imposantes, et en damier noir et blanc, le noir pour le deuil, le blanc pour la pureté. A l’évidence, certains se sont servis de carrelage différents (récup ?) et d’autres de pierres, sans doute par manque de moyens. L’effet est saisissant, les tombeaux étant de surcroit accrochés à la colline.

Objectif : aller manger un bokit à Anse Bertrand avant de découvrir le Trou Madame Coco et la Pointe de la Grande Vigie.

Mais à Anse Bertrand, point de salut ! Pas de bokit. A Port Louis non plus. A notre grande surprise, ces villes sont victime d’une désertification certaine. Nous jetons donc notre dévolu sur un resto qui ne paie pas de mine de l’extérieur mais en bord de mer, et on sait d’expérience que ça réserve souvent de belles surprises. On ne s’est pas trompés. Nous voilà tous les 6 installés face à la mer des Caraïbes, sous le soleil (on a eu raison d’être optimistes). Et Erinne de dire que le paysage est une vraie carte postale. Nous passons commande, goutons le ti punch et filons nous baigner en attendant que les plats soient servis. C’est souvent long … mais l’attente est facile dans ces conditions. Et après déjeuner, on s’est installés sur la micro plage sur le côté du restaurant, seuls au monde, face au lagon. Equipés de nos masques et tubas, visite à Dori et ses copains, et aux oursins, immenses et superbes.

Ce n’est donc qu’ensuite que nous avons visité le trou Madame coco, grotte creusée par les vagues. On est assourdi par le ressac, c’est renversant. Casper a fait des siennes, vous pourrez profiter en photo. La pointe de la grande vigie nous offre une vue mirifique, et un sorbet coco fait par une doudou, à l’ancienne : lait de coco, machine qui tourne à la main, glaçons et recette de sa grand-mère. Miam !

Demain, ce sera réserve Cousteau (va-t-on voir enfin des tortues ?) et après-demain, farniente à la villa et ses environs. Il faut qu’on aille faire quelques emplettes : des graines, et de la vanille.

18 février

Pas de tortues ! Mais, de fait, une kyrielle de poissons visible en palmes masque et tuba, dans une eau bleue lagon. Tout le monde a adoré.

19 février

On se repose des vacances. Emplettes, piscine, plage. Et demain, ce sera le retour.